Différence et similitude entre l'utilisation de ICE de gouvernement Obama à celui de Trump
Executive summary
L’ICE a opéré sous des logiques comparables — application de la loi et expulsions nombreuses — mais la nature, l’étendue et la visibilité de ses actions ont changé entre les administrations Obama et Trump : sous Obama l’agence ciblait prioritairement des personnes condamnées pour des crimes graves et a réalisé des expulsions massives à certains moments (notamment un pic administratif en 2013), tandis que sous Trump l’appareil a été renforcé, élargi à des cibles intérieures beaucoup plus larges, et a multiplié arrestations, détentions et opérations spectaculaires [1] [2] [3]. Ces différences tiennent à des choix politiques explicites — priorités, recrutement et budget — mais aussi à une plus grande politisation et à une visibilité médiatique et sociale accrue des opérations de l’agence sous Trump [4] [5].
1. Origines et mandat — une agence de sécurité nationale devenue outil d’immigration
Créée en 2002 dans le sillage du 11-Septembre pour appliquer des lois liées à l’immigration et aux douanes, l’ICE a toujours eu un mandat axé sur l’application, mais son orientation opérationnelle varie selon les priorités présidentielles et du DHS [6] [7].
2. Priorités opérationnelles sous Obama — ciblage des « criminels dangereux » mais expulsions élevées
Sous Barack Obama, l’ICE mettait l’accent, selon plusieurs reportages, sur la traque d’immigrés condamnés pour des crimes graves et sur la coopération avec les forces locales pour rapatriements administratifs, avec des rythmes d’arrestation signalés comme inférieurs à ceux observés sous Trump (moyenne citée de 3 330 arrestations par semaine à la fin de son mandat) et des années de forts flux d’expulsions administratives [1] [2].
3. Transformation sous Trump — élargissement des cibles et offensive intérieure
La présidence Trump a ordonné un changement de doctrine : l’agence a été invitée à cibler plus largement toute personne considérée en situation irrégulière, non seulement des criminels condamnés, et les opérations se sont étendues profondément à l’intérieur du pays, loin de la seule frontière, faisant de millions de personnes des « cibles prioritaires » selon la Maison‑Blanche et la presse [3] [8] [2].
4. Ressources, effectifs et résultats chiffrés — montée en puissance matérielle
Le second mandat de Trump a été marqué par une hausse notable des moyens : rapports faisant état d’un doublement des effectifs (de ~10 000 à ~22 000 agents selon certains médias) et d’une forte augmentation du budget — y compris des mentions d’un triplement budgétaire — qui ont permis des opérations nationales plus nombreuses et un bilan d’expulsions très élevé [9] [4] [7]. La Maison‑Blanche a revendiqué 605 000 expulsions entre le 20 janvier et le 10 décembre 2025, un chiffre cité par plusieurs titres [1] [7].
5. Méthodes, controverses et impact public — de la discrétion aux images choc
Les opérations ont gagné en agressivité et en visibilité : manifestations nationales, déploiement de la Garde nationale dans certaines villes, images d’arrestations musclées et incidents mortels (notamment à Minneapolis) ont alimenté une vague d’indignation, des procédures judiciaires locales et des appels au contrôle politique, tandis que des enquêtes journalistiques et collectes de cas pointent des détentions arbitraires et même des citoyens américains détenus [9] [6] [10] [11] [7].
6. Similarités et continuités — application stricte et expulsions comme constante
Malgré différences d’intensité et de ciblage, une continuité demeure : les deux administrations ont, à certains moments, mis en œuvre des politiques d’expulsion soutenues et utilisé l’ICE pour appliquer la loi migratoire — Obama a lui aussi enregistré des années d’expulsions élevées et une focalisation ferme sur la frontière à certains moments, ce qui nuance le récit d’un basculement absolu [1] [8].
7. Conclusion — des choix politiques qui redéfinissent l’agence
L’essentiel tient à la politique présidentielle : sous Obama l’ICE opérait dans un cadre plus ciblé autour de délinquants présumés et d’actions liées à la frontière, tandis que sous Trump l’agence est devenue un levier central d’une politique nationale d’« immigration zéro » maintenue par des moyens accrus, un élargissement des cibles et une mise en scène opérationnelle susceptible d’augmenter les frictions juridiques et sociales [2] [4] [3]. Les données et enquêtes citées montrent une rupture d’intensité et de visibilité, mais pas une rupture totale avec la logique d’application de la loi qui sous-tend l’ICE depuis sa création [6] [1].